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Christian Karembeu

L’homme aux 53 sélections chez les Bleus se confie à Kiss City Mag et nous fait partager son combat  pour l’écologie. Parrain de nombreuses associations, Christian Karembeu est aussi le Conseiller du Président de l’Olympiakos et s’occupe de la cellule recrutement. Propos recueillis par Estelle Gueï.

Bonjour Christian tu as été formé au FCN, quelles attaches gardes-tu avec la ville de Nantes ?

Je conserve un lien très fort avec la ville de Nantes, où j’ai effectué une partie de ma carrière de footballeur. Lorsqu’à 17 ans j’ai quitté mon ile natale, c’est l’équipe du FCN qui m’a accueilli pour être formé à La Jonelière.

On te surnomme le « Cheval fou  », d’où te vient ce surnom ?

Cette image vient de Marcel Desailly qui avait lancé l’idée que je ressemblais à un cheval qui gambadait lorsque je courrais sur le terrain. A l’époque j’avais déjà les cheveux longs qui volaient dans mon dos comme une crinière, d’où mon surnom de « cheval fou » !

Aujourd’hui tu fais la promotion du football en Océanie et tu as participé à l’Opération Pièces Jaunes pour la 3 éme année consécutive. Tu sembles être un homme très engagé. Comment agis-tu sur le terrain concrètement ?

Effectivement, le côté humain est essentiel pour moi. Je sais d’où je viens. La Nouvelle Calédonie est un pays pacifique et le peuple Kanak est réputé pour être joyeux. Cependant il m’était difficile d’ignorer la famine, les guerres et les catastrophes naturelles qui sévissaient dans d’autres pays. Donc, au-delà des mots j’ai décidé d’agir sur le terrain en apportant du réconfort aux gens grâce au sport. Que ce soit en Afrique, en Russie, en Indonésie ou en Amérique du Sud, j’essaie toujours de partager les valeurs qui me semblent essentielles. Face aux enfants traumatisés j’essaie de leur apporter un sens à leurs vies, de les soutenir dans leur quotidien difficile. Ces pour ces raisons que je m’investis dans l’association « Les Hôpitaux de France », pour récolter des fonds afin d’offrir aux enfants malades, un meilleur environnement hospitalier, des thérapies de qualité et surtout un personnel médical à l’écoute des jeunes. L’objectif est de faire sortir l’enfant de sa bulle en humanisant l’hôpital.

En Xaracu (dialecte Kanak), Karembeu signifie « l’homme en colère ». Aujourd’hui quelles sont les causes qui te tiennent à cœur ?

Je me bats beaucoup pour préserver l’équilibre de la planète. On se doit en tant qu’être humain de vivre en harmonie avec la nature, les végétaux ou toute autre espèce animale. L’homme au regard de l’écosystème est comme un prédateur. Certains de nos comportements fragilisent notre environnement naturel, par conséquent il est important de respecter et de protéger la nature.

Sur la chaine Planète tu présentais l’émission « Des Iles et des Hommes ». Que représente pour toi l’écologie ?

Dans la culture Kanak la nature tient une place primordiale et donc la notion d’écologie est innée. Chaque espèce, chaque végétal, a son espace qui est protégé par un esprit. Cette philosophie de vie relève d’une réalité métaphysique, qui nous sensibilise au respect de la nature. Pour nous la Nature est notre mère nourricière et ses espaces sont illimités. Par exemple, un pêcheur, évoquera l’esprit de la langouste avant de la pêcher. Idem lorsqu’un individu doit franchir une forêt qu’il ne connait pas. Ces rites nous permettent de protéger notre environnement et les espèces qui cohabitent avec nous.

Tu sembles maitriser ton sujet !

(Rires) Oui j’ai étudié en Nouvelle Calédonie la biotechnologie et l’écosystème. Ce sont des sujets qui m’ont toujours passionné en parallèle du football. J’ai grandis avec la nature, donc c’est tout naturellement que je cherche à la préserver en m’intéressant à tous les moyens qui peuvent protéger notre héritage naturel, que ce soit grâce aux éoliennes ou aux houles sous-marines.

Tu fais partie du club très select des 54 Athlètes de Haut Niveau qui œuvrent pour la paix à travers la fondation « Peace & Sport » présidée par S.A Albert de Monaco. Tu es parti en Haïti avec le Président de l’association pour aider les enfants. Quels souvenirs en gardes-tu ?

Pendant 4 jours j’ai partagé le quotidien des enfants d’Haïti avec le Président de l’association « Peace &Sport », Joël Bouzou. La plupart sont devenus orphelins, suite au tremblement de terre, et tous étaient traumatisés par le spectacle de violence auquel ils avaient été confrontés. Sur place tout était en état de délabrement, nous étions partis en Haïti pour apporter aux enfants une bouffée d’oxygène grâce au sport.

Le sport semble tenir une place à part entière dans ton engagement humanitaire …

Oui car physiologiquement, physiquement et organiquement, il est prouvé que la pratique d’un sport aide l’organisme à lutter contre les traumatismes et la dépression. Dans le cas d’Haïti par exemple, pendant 4 jours les enfants ont été initiés au tennis, aux échecs ou encore à colin-maillard. Dans leur environnement, où la peur et la violence sont monnaie courante, notre soutien leur a donné une lueur d’espoir. C’est la magie du sport ! Quelle est ta vision du monde d’ici 2030 ? C’est peut être une vision utopique, mais j’imagine une cohabitation plus harmonieuse entre l’Homme et la Nature.