48 h Chrono à Vienne !
J’ai testé pour vous
Week-end non pas à Rome, mais dans une autre cité sainte gallo-romaine : Vienne. Aux portes de Lyon, portée par le Rhône, explorer Vienne m’a procuré un vrai plaisir touristique que j’ai envie de vous partager !
Par Estelle GUEÏ
Samedi 22 août
L’ARRIVÉE
À vingt minutes de Lyon en voiture ou en train (de la gare Lyon Part-Dieu en TER) et à deux heures de Paris, Vienne regorge de richesses culturelles, architecturales et de paysages merveilleux, dignes des peintures impressionnistes. Le nez contre la vitre du train, j’admire le Rhône, joli ruban bleu-eau serpentant entre les cinq collines et les contreforts du massif du Pilat.
Tout semble conspirer pour que le week-end soit ressourçant et stimulant à la fois
Arrivée à la gare, le chauffeur me dépose à l’hôtel Ibis. La directrice de l’établissement, Sophie, m’accueille et m’offre une citronnade maison pour me rafraîchir avant de déposer mes bagages en chambre. Celle-ci est spacieuse, lumineuse, et surtout silencieuse. Idéale pour lire et écrire, loin du brouhaha du monde. Je vérifie la literie et les draps immaculés. Après avoir crapahuté dans les vignes, j’ai besoin d’un profond sommeil réparateur !
JOUR 1 : Le nez dans la ville-musée
LE MATIN ⏰
Dès 8 h 45, la Directrice générale de l’Office du tourisme de Vienne-Condrieu, Vanessa PURAVET, et Iris ESCHENBRENNER viennent me chercher pour une visite de la ville. Je découvre ainsi une ville au passé historique saisissant, construite au fil de l’eau, portée par le Rhône, qui irrigue toute la plaine.
Un lien aquatique très fort s’est établi entre la ville et son immense fleuve européen long de 812 km, puisque Vienne se nommait à l’époque antique Vigenna, ce qui signifie marais ou sources
2 500 Ans d’histoire défilent sous mes yeux en admirant le Temple d’Auguste et Livia, construit au 1ᵉʳ siècle, et les marches végétalisées de l’ancien hémicycle. On zigzague dans les rues les plus anciennes du centre-ville de Vienne. Comme la rue des Clercs où naquit l’homme de lettres et ami de Lamartine, François PONSARD (1814-1867), et où mourut le « père de Guignol », Laurent Mourguet (1769-1844).
Les façades et balcons des immeubles particuliers de la rue Marchande se distinguent par leur ornementation foisonnante de ferronneries du XVIIIᵉ siècle aux symboles architecturaux énigmatiques. Dans le dédale des rues exiguës de Vienne, chaque demeure reflète le prestige social des propriétaires.
Tour d’escalier s’élevant au-dessus des toitures, pièce panoramique, façades en matériaux nobles (pierre de taille et marbre), bustes sculptés, vitraux religieux, rien n’est trop beau pour orner les riches demeures des Viennois des époques médiévale ou de la Renaissance.

J’admire l’hôtel de ville, ancien hôtel particulier du marquis de Rachais, devenu corps municipal dès 1771, abritant une chambre à alcôve et un décor peint inspiré des œuvres de Nicolas Poussin et Sébastien Bourdon (fin XVIIᵉ siècle) et de la mythologie antique. De nombreuses maisons à encorbellement à pan-de-bois témoignent encore de l’héritage médiéval de Vienne.

La promenade matinale s’achève avec les visites du Jardin de Cybèle et du Théâtre romain édifié dans les années 40-50 après J.-C., près de la colline de Pipet. L’édifice majestueux donne des frissons avec ses gradins de pierre, ses couloirs semi-circulaires et sa scène. Grâce à Iris, j’apprendrai que depuis 1981, la scène du théâtre accueille chaque année, pendant 3 semaines, un festival de jazz réputé à l’international : Jazz à Vienne. Décidément, Vienne possède de nombreux atouts pour la férue de culture que je suis !
PAUSE DÉJ’
À l’Alquimia, restaurant gastronomique situé en plein cœur de Vienne, l’équipe souriante et très professionnelle nous présente les nouveautés de la saison. Les assiettes aux couleurs chatoyantes et aux délicats parfums illustrent à merveille le métissage entre la cuisine de tradition française et celle du Paraguay. Un voyage culturel à Vienne qui passe aussi par les papilles grâce au chef Horacio ZARATE.

APRÈS-MIDI
Nous remontons le cours du temps en visitant le musée gallo-romain à Saint-Romain-en-Gal. Depuis 1996, ses 12 000 m² de superficie au sol accueillent 75 000 visiteurs du monde entier chaque année. Privilège exceptionnel, le médiateur culturel, Jérôme FAGE, nous dévoile l’espace de restauration des mosaïques antiques s’étendant sur 800 m², où les archéologues procèdent à des investigations et travaux minutieux de rénovation.
Une patience d’ange pour que les reliques reprennent vie !
Jusqu’en 2030 le musée continuera à se moderniser, à se transformer et à proposer aux visiteurs des expériences archéologiques uniques (retrouvez le reportage complet réalisé sur le musée gallo-romain à Saint-Romain-en-Gal ici ).
SOIRÉE
Pour achever cette première journée à Vienne en beauté, Vanessa me propose d’admirer l’éclipse et la pluie d’étoiles filantes du haut du domaine viticole dirigé par la famille Degache Frères. La vue panoramique en haut de la colline est magique. Face à moi s’offre un décor pictural. Le ciel aux déclinaisons rose, orangé et bleuté se confond dans les eaux vertes du Rhône, tandis que les cinq monts encadrent la composition. Un véritable tableau de maître avant de m’endormir !
JOUR 2 : Un air de vignes !
LE MATIN
Après avoir pris un petit-déjeuner dans le patio végétalisé de l’hôtel Ibis, je rejoins à l’accueil Alexia et Marina qui seront mes guides du jour. Le programme s’annonce plutôt sportif car une visite des vignes en gyropode est prévue à Condrieu, commune à 11 km au sud de Vienne et 44 km au sud de Lyon, au pied des pentes du mont Monnet.

Ville réputée pour sa production et son négoce de vin blanc, Condrieu est aussi connue pour ses manufactures d’étoffes et de broderies. Sur place, François NÉMOZ, le fondateur des sociétés Intuitive Trace et d’A Velo ViaRhôna, nous accueille avec sa collaboratrice, Céline SERRE. Je sens de suite que tous deux sont passionnés et qu’on va partager un bon moment à travers champs ! (retrouvez le reportage complet réalisé sur la balade en gyropode ici ).
PAUSE DÉJ’
Rien de mieux pour se requinquer qu’un restaurant incontournable de charme, niché à flanc de colline ! L’Auberge de la Source, à Tupin-et-Sermons, cultive un art de recevoir à la hauteur de sa vue panoramique, généreuse et unique. Le restaurateur nous fait goûter le fameux Condrieu, vin à la robe jaune aux reflets légèrement dorés. En bouche, son parfum rond et gourmand, aux notes fruitées, me ravit ! Le délice se poursuit avec le gravelax de saumon revisité à la glace citron yuzu.
APRÈS-MIDI
La journée se poursuit par la visite de la cathédrale Saint-Maurice, dont les travaux commencèrent au XIIᵉ siècle et s’achevèrent au XVIᵉ siècle. Avec beaucoup d’émotion, j’immortalise la relique du fils de François Iᵉʳ, le Dauphin de France, dont le cœur reposerait sous une mosaïque.
J’apprendrai aussi qu’un pape fut couronné à la cathédrale Saint-Maurice le 9 février 1119, Calixte II, ancien archevêque de Vienne, Gui de Bourgogne. J’apprécie également la visite du cloître et de l’église Saint-André-le-Bas, abbaye fondée au VIᵉ siècle sur des soubassements gallo-romains.
Le bestiaire fantastique de l’imagerie médiévale me fascine !
Alors que la nuit s’invite dans le décor, Vienne revêt son manteau de lumière, sublimant de plus belle la finesse de son architecture, la sagesse de son passé historique et la force de sa capacité à éternellement se renouveler. Vienne serait-elle, à l’instar de Rome, une ville éternelle ?
En attendant de trouver la réponse, je savoure cette dernière soirée au restaurant Maison Noël.
La cuisine gourmande, le décor raffiné me donneront encore plus envie de revenir à Vienne !





















