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Street-Art : Pelo

Professeur de musique et chanteur connu sous le pseudo de Benicash, en hommage à Jonnhy Cash, Pelo est aussi un graffeur réputé. Figure montante de la scène graffiti parisienne, il participe également à l’aventure artistique  « Les 7 Péchés d’Esther ». Portrait !

Marie-Sophie de SAINT-PINSON

De la nature au bitume

L’artiste Pelo au micro de la radio DGN’Air

PELO est né en Auvergne, province qu’il affectionne particulièrement. C’est donc entouré de nature que le jeune homme découvre la culture hip-hop. En 2012 il se lance dans le graffiti. Une passion chevillée au corps est née ! Fraîchement débarqué à Lyon en 2015 pour étudier, PELO s’investit progressivement dans le graffiti. Il  commence alors à chercher un crew (équipe) de graffeurs lyonnais pour s’intégrer et peaufiner son art. Il adopte alors le blaze (nom) de PELO en référence au jargon lyonnais signifiant « gars ». A l’abri des regards, aux pieds des murs des terrains vagues de la ville, il peint des fresques et quelques « graffiti vandales » pour perfectionner son art et son style.  Pour peindre, il s’inspire des magazines où il repère des images qui l’interpellent. Puis, il s’entraîne à dessiner des sketchs (croquis) dans des carnets avant de les reproduire en grandeur nature sur les murs.

 

Pelo One, Estelle Esther, Patrick Nadjar et Aimé à la radio DGN’Air

 

Habité par son art, l’artiste nous explique : « L’étape suivante a été la création de stickers pour faire connaître mon blaze partout dans le monde et les échanger entre copains graffeurs aux 4 coins de la planète ! » Une stratégie audacieuse qui lui permet de se faire connaître dans le milieu du graffiti au-delà des frontières hexagonales. 

 

Le street-artiste Pelo s’inspire de la culture urbaine

 

Au bout d’un an de pugnacité artistique, Pelo intègre enfin le crew BDP en 2016 et rentre également dans  un second crew New-yorkais en 2017 (oui, un graffeur peut adhérer à plusieurs crews ^^). Ses fresques arborent son blaze ainsi que les initiales du crew qu’il veut représenter. Faire partie d’une équipe ou d’un crew, est aussi l’occasion d’organiser des sessions (sorties organisées pour peindre en vandales) entre graffeurs de différents crews, après avoir repéré des spots (endroits pour graffer). Souvent organisées de nuit, les sessions sont prisées par les graffeurs qui opèrent alors des descentes artistiques massives.

 

Crew de graffiti opérant en groupe de façon massive pour cartonner les rues

 

Ne vivant pas de sa passion pour le moment, PELO a toujours vu le graffiti comme un hobby aux codes complexes. En effet, dans le milieu du graffiti la concurrence est rude, l’égotrip très présent, la compétition de rue parfois consternante. Comme le confie PELO : « Du jour au lendemain, un graffeur peut passer de la lumière à l’ombre ! » Certains se font même passer à tabac à 1 contre 5 car ils ont repeint un graff…Un milieu interlope, souvent courtisé par les marques de luxe qui approchent des graffeurs pour se donner une image « hype » auprès des Millenials et de la GenZ. On pense notamment aux marques de luxe comme Louis VUITTON et à son ancien Directeur Artistique, Virgil ABLOH, qui a insufflé la culture hip-hop, l’esprit skateboard, streetwear et musical, à la célèbre marque à damier. 

 

Les coffrets réalisés par Pelo et Kotek sont exposés à la galerie d’art 389, dans le 20ème à Paris

 

Le Graffiti Game

Très au fait des origines du graffiti, PELO souligne aussi ses incohérences et tabous : «  Comme le graffiti est né dans les quartiers populaires de New-York, nombre de graffeurs continuent de peindre dans la rue et n’évoluent pas, par exemple en exposant dans les galeries d’art.  Il y a aussi le tabou autour de l’argent lorsque certains graffeurs devenus artistes professionnels vivent de leur art. Ceux-là sont vus comme des vendus au système ou des traîtres. »

 

Le graffeur Pelo cache son visage selon les codes du graffiti et de son crew les BDP

 

Loin de ces considérations sociologiques, PELO  profite de ses nombreux voyages pour rencontrer des graffeurs locaux. Il a ainsi immortalisé les murs du Portugal, d’Espagne, de Belgique et d’Hongrie, par son style marqué, dominé par les couleurs inspirées de la nature de son enfance et sa sensibilité artistique. 

 

L’oeuvre d’art « Gourmandise » pour Les 7 Péchés d’Esther

Si vous voyagez à New-York, au Canada, aux Philippines ou en Espagne, impossible de ne pas repérer le blaze de PELO !  

Cette méthode invisible aux yeux des non-initié.e.s est un moyen de faire connaître son travail auprès des adeptes du mouvement graffiti. Le style de Pelo vous emmène all around the world de façon fun ! Pour les graffeurs, la gratification est d’obtenir des likes, des coms et des abonnés supplémentaires sur les réseaux sociaux. Pelo fait ainsi son petit bonhomme de chemin dans cette jungle urbaine parisienne puisque le jeune homme peint à la demande des fresques pour les particuliers et pour les entreprises. Restaurateurs, patrons de bars et brasseurs font appel à ses talents de graffeur pour customiser leurs marques ou stores !

 

L’artiste Pelo utilise le pinceau et la bombe pour customiser les coffrets « Les 7 Péchés d’Esther » afin de leur apporter une âme et une histoire…

 

Coup de Coeur Artistique

 

D’ailleurs, c’est grâce à sa notoriété grandissante, que la journaliste et auteure, Estelle Esther, alias Estelle GUEÏ, a repéré les œuvres de PELO sur les réseaux sociaux . 

 

La journaliste et auteure du recueil de poésie « Montmartre », Estelle Esther, avec les oeuvres à la galerie d’art 389

 

Après de nombreux échanges sur Instagram, la jeune femme en quête de street-artistes pour customiser 16 caisses à vin en bois, façon up-cycling, lui propose de rejoindre la team des « 7 Péchés d’Esther » avec le graffeur KOTEK. PELO réalise alors une série de 8 coffrets en bois sur le thème des 7 péchés capitaux et du vegan.

Un regard humoristique, symbolique et onirique, sur un projet artistique qui fait sens, auprès des amateurs et collectionneurs de street-art !  

 

Coffret « Colère » by Pelo pour la Collection Capsule « Les 7 Péchés d’Esther »

 

 

Inspiré du livre de Steinbeck, « Les Raisins de la ColèrePELO a par exemple donné vie à un magnifique coffret inspiré du péché de colère, s’affichant en majestueuses lettres blanches calligraphiées, sur fond bleu marine et violet. Ces coffrets sont vendus actuellement à la galerie d’art 389, au 389 rue des Pyrénées, PARIS 20ème  (métro Pyrénées). Demandez au responsable de la galerie, Alexis, il se fera un plaisir de vous guider et de vous présenter les coffrets issus de la collection capsule « Les 7 Péchés d’Esther » !

 

La Collection Capsule est exposée à la galerie d’art 389, rue des Pyrénées, Paris 20

 

Pour décrire l’univers de l’artiste, la phrase issue d’une chanson rap colle parfaitement à son style :  « Peace, unity, love and having fun » (paix, unité, amour avec du fun). Les couleurs et la joie de vivre sont très présentes pour démystifier les idées reçues sur le graffiti. L’art de PELO se veut positif et non-agressif !

Dans la vie de tous les jours, PELO est musicien, se produisant sur scène sous le nom de BENICASH, en référence à Jonnhy CASH. Il aborde alors une personnalité différente de celle du graffeur, où on retrouve le côté hip-hop dans ses textes de rap. Passionné de rap old school, Pelo se démarque en composant des musiques country rap. Un concept original puisque venant de la campagne, il décrit dans ses textes le milieu rural dans lequel il a longtemps vécu. Aujourd’hui, PELO est très axé sur la musique. Il monte en ce moment même un EP, dans lequel figure son dernier single «Le C15 du Seigneur»

Aujourd’hui l’objectif de PELO est de promouvoir sa musique dans les festivals et faire des premières parties…Tout en semant des graffiti !

 

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